Dans notre société actuellement, où le marketing et les possessions individuelles prennent une place immense dans la façon de penser et d’agir, l’éthique des « hacker » prend l’allure de voeux pieux tant sa philosophie est différente.
Le type de « hacker » dont on parle, à ne pas confondre avec les « cracker » qui tendent vers des actions visant principalement la sécurité des systèmes et réseaux, est un peu plus comparable à notre « patenteux » québécois. Étant principalement un passionné, son but principal est de bidouiller avec les informations et outils à sa portée, dans un contexte de plaisir et de satisfaction personnelle et ce, sans prétentions économiques.
Pour leur permettre d’atteindre leur but, plusieurs principes et valeurs sont mis de l’avant concernant principalement l’accès libre et gratuit aux informations et outils. C’est en ayant libre accès aux matériaux de base, soit les informations et outils, qu’ils peuvent les manipuler et en faire surgir quelque chose de différent.
Le mercantilisme ne fait vraiment pas partie des valeurs prônées par ce groupe. La gratuité et l’accès libre ne sont pas compatibles avec les règles habituelles des marchés qui supposent plutôt d’enrichir quelques-uns avec le travail des autres, mais ces 2 concepts semblent un point très important de leur philosophie.
Ces principes tendent aussi vers un partage d’information sans autorité ni bureaucratie qui pourrait involontairement refréner ou restreindre la créativité par l’apport d’une certaine lourdeur et perte de temps.
Aussi, toute personne, de toute origine, de tout milieu, peut être considéré comme un « hacker », à partir du moment qu’il en adopte l’éthique et qu’il soit assez passionné par son sujet pour y consacrer son temps personnel. Cet état de fait ne s’enseigne pas d’aucune façon mais se peaufine probablement avec le temps car en se considérant membre du groupe et automatiquement porteur et responsable de la réputation du groupe, certaines limites de comportement s’imposent probablement donc d’elle-même.
Pour mieux comprendre, je suggère la lecture d’un document de Steven Mizrach, intitulé « Is there a Hacker Ethic for 90s Hackers? », apportant un regard intéressant sur l’ancienne et la nouvelle éthique.
Aussi, l’informatique s’apparente aujourd’hui à une forme d’art, puisqu’elle demande à ses créateurs d’être inventifs, puristes et de tendre vers un niveau de perfection dans le produit fini, tout en respectant toutes les contraintes de départ et les besoins mentionnés. Sa qualité en devient sa beauté.
Sous de nombreuses formes, un passionné inventif peut toujours nous surprendre par des associations d’idées qui nous enchantent. Par exemple, lors du visionnement d'une vidéo de Hans Rosling, j’ai été renversé par la méthode utilisé par les créateurs pour illustrer leur message très sérieux, soit un graphique à travers le temps de données sur la santé et le revenu. L’effet s’en est trouvé décuplé, simplement par leur ingéniosité et la touche artistique qu’ils ont ajoutés aux propos. Des données, de la technologie et de l’imagination; ce n’est plus seulement de l’information, c’est aussi une forme d’art.
Finalement, on ne pourra pas reprocher à ce type de personnes d’avoir peur d’essayer. Souvent, grâce à leurs essais et erreurs, nos vies s’en trouvent améliorés. Ainsi, par certaines actions, plusieurs personnes s’évertuent à trouver des façons de faciliter notre rapport avec les ordinateurs, systèmes, médias sociaux, par la création de petit gadgets ingénieux qui souvent deviendront « grand » de par leur popularité auprès des utilisateurs.
Cette univers de partage et de plaisir, plus près des tendances naturelles d’une grande majorité de gens qui se regroupent souvent de façon instinctive (tout juste avant que le premier individu du groupe se mettent à réfléchir à un moyen d’en profiter personnellement au détriment d’autrui), est une bouffée d’air frais!
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